Le Premier Ministre a annoncé hier les mesures proposées par le Gouvernement pour corriger son projet de budget pour 2012, devenu caduc depuis l'annonce officielle de la révision à la baisse des prévisions de croissance.
Plusieurs commentaires s'imposent : sur la méthode tout d'abord, le Gouvernement n'a pas cru bon de se concerter avec les partenaires sociaux. Ainsi, le projet de François Fillon d'accélerer la réforme des retraites votée l'an passé n'a même pas été discutée avec les syndicats auparavant. Là encore, il s'agit d'un véritable mépris pour ces partenaires sociaux. Cette manière de faire reste assez emblématique du Gouvernement et de son autoritarisme depuis 2007.
Sur le fond, les mesures annoncées ne présagent rien de bon : plus de 5 milliards sur les 7 milliards d'économie prévus pour 2012 proviennent de hausses d'impôts, mais ces hausses ne sont pas réparties équitablement.
Prenons l'exemple de la TVA à 5.5 % dans la restauration, dont Le PS réclamait le relèvement. Le Gouvernement a bien décidé de l'augmenter, mais en créant un taux intermédiaire à 7%. Mais cette TVA à 7% aura un champ bien plus large que ce seul secteur : ainsi, seront également touchés le batiment, l'hotellerie, l'édition, en réalité, tous les secteurs qui étaient auparavant au taux réduit de 5.5%, sauf les biens dits de première nécessité. En réalité, le Gouvernement augmente la TVA et fait du taux à 5.5% un taux dérogatoire.
Le Parti socialiste dénonce vivement cette manoeuvre. En effet, la TVA est l'impôt le plus injuste qui soit puisqu'il s'applique indifférement aux plus riches comme aux plus modestes, sur des consommations pourtant indispensables. Et d'autre part, ces plus riches bénéficient toujours de l'allègement de l'ISF voté en début d'année...
Le risque, c'est qu'avec ces mesures qui pèsent encore sur les moins riches, la croissance soit encore plus faible que prévue, voir même, pour le pire des scénarios, ne soit pas au rendez-vous. Cette rigueur aveugle, le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, la dénoncent.
Nous nous refusons à user de la démagogie. Quand le Gouvernement agit pour réduire la dette, c'est nécessaire. Mais il ne faut pas oublier que cette dette, il en est largement responsable, comme il ne faut pas oublier non plus que d'autres solutions sont possibles.
Nous proposons, avant tout, de revenir sur des avantages injustes et injustifiés accordés aux grandes fortunes, de redonner du sens à notre système de prélèvement en le rendant progressif, de revenir sur le dispositif d'exonération des heures supplémentaires. Surtout, nous considérons que de telles mesures ne peuvent être décidées sans concertation, ni partage équitable.