Depuis le basculement du Sénat à gauche, la procédure parlementaire s'est ralentie. En effet, la nouvelle majorité du Sénat refuse d'être la complice des orientations budgétaires de la majorité présidentielle.
Face à un budget que les socialistes jugent dangereux pour la France, les sénateurs ont mis sur pied une contre-proposition, qui alliait réduction des déficits et soutien à l'économie. A l'inverse, le projet de la majorité condamne l'économie française. L'austérité voulue par le Gouvernement va pénaliser notre économie : c'est l'histoire du remède qui tue le patient que l'on nous rejoue !
Certains membres de la majorité ont critiqué la création de nouvelles taxes et le poids qu'elles feraient prétendument poser sur les classes moyennes ; la critique ne prend pas face à leur bilan, face à l'explosion des deficits, face à la largesse des cadeaux fiscaux en tout genre et au final, face à l'échec de cette politique.
Le projet socialiste est un projet sérieux, qui s'appuie sur des analyses et des propositions justes, formulées aussi bien par la Cour des Comptes, qui s'interroge notamment sur la pertinence de près de 50 milliards d'euros de dépenses fiscales, que sur celles de l'inspection générale des finances ou du conseil des prélèvements obligatoires.
C'est ce qu'a résumé mon collègue Pierre-Alain Muet, député du Rhne, lors de son intervention pour expliquer le vote des socialistes : "Répondre à la crise, remédier à la situation actuelle de nos finances publiques suppose certes de maîtriser les déficits, mais par des mesures qui ne pèsent pas sur la croissance (...) Répondre à la crise, cela suppose aussi de soutenir l’emploi et l’investissement, bref de mener une politique macroéconomique complète, ce qui vous manque totalement".