Qu’est ce qu’un Président de l’Assemblée Nationale ? C’est le 4e personnage de l’Etat, chargé notamment de diriger les travaux de l’Assemblée Nationale. Elu par ses pairs en début de législature, il incarne alors cette Assemblée. Cette responsabilité importante suppose bien évidemment de la retenue : ainsi, lorsqu’il préside la séance, il ne doit pas favoriser un camp plutôt qu’un autre mais s’en tenir à une stricte neutralité. Cette fonction suppose également de respecter une éthique personnelle. Puisqu’il représente les députés, il doit savoir élever le débat démocratique et n’intervenir que de manière mesurée et pertinente.
Voici ce que nous sommes tous en droit d’attendre d’un Président de l’Assemblée Nationale, comme de toute Assemblée par ailleurs. Je note que M. J-P Bel, nouveau Président du Sénat, habite sa nouvelle fonction de manière sereine, tout comme avant lui M. Ph. Larcher présidait la chambre haute de manière consensuelle. Bien qu’opposés à eux politiquement, je note que MM. J-L. Debré et Séguin ont été, eux aussi, de bons présidents.
Mais le titulaire actuel de la fonction, M. B. Accoyer n’a pas su s’élever à ce niveau. En déclarant que la "victoire de la gauche aux élections pourrait avoir des conséquences économiques et sociales comparables à celles d'une guerre" il n’est pas digne d’un Président de l’Assemblée Nationale, ni même d’un « simple » député. Ce genre de petite phrase n’est rien d’autre que de la grossière désinformation, teintée de mépris pour les électeurs. En effet, la comparaison de M. Accoyer est clairement marquée du sceau de la bêtise.
Cette déclaration pathétique illustre parmi tant d’autres les tentatives désespérées d’une droite qui tente par tous les moyens de conserver le pouvoir. Les gesticulations de Mme Morano ne sont certes pas plus pertinentes, mais la petite phrase de M. Accoyer, est symptomatique de la dévalorisation du Parlement. Comme l’a déclaré Jean Glavany, « refonder la vie parlementaire, développer les droits du Parlement et donner à l’Assemblée Nationale une présidence digne et respectable » seront aussi des enjeux importants pour les prochaines échéances électorales.